Historique

Les origines de l’Eglise Evangélique Libre de la Rochette remontent aux années 1823 et suivantes, c’est-à-dire dans un mouvement de réveil important qui, de Genève, s’est répandu dans les cantons de Vaud et Neuchâtel.

L’instituteur Jean-François Magnin, prié de quitter La Sarraz en raison de son trop grand zèle pour la propagation de l’Evangile parmi ses élèves, vient s’installer dans son village d’origine, Coffrane.

Là, son engagement spirituel ne faiblit pas. Tout en fréquentant les cultes au Temple de l’Eglise Nationale, Jean-François Magnin prend l’initiative de réunir chez lui des habitants du village. Les rencontres ont lieu sous la forme de que nous appellerions aujourd’hui des groupes de maison.

Les choses s’enveniment lorsqu’un pasteur, Henri Juvet,qui exerçait son ministère dans le canton de Vaud, visite ce petit groupe de chrétiens et leur propose de célébrer la Ste Cène. Un mois plus tard, c’est le pasteur Empeytaz de Genève qui fait la même démarche. Le pasteur de Coffrane défère alors Jean-François Magnin aux autorités civiles et judiciaires. Celles-ci l’emprisonnent au château de Valangin puis le bannissent du canton de Neuchâtel pour une durée de 10 ans. Cette peine sera par la suite réduite à 5 ans.

Ces petits rassemblements de croyants se multiplient dans le canton et à Neuchâtel même, on en compte plus d’un.

Oratoire de la Place d’Armes - Photo Edition ATTINGEREn 1840, un bâtiment est construit à la Rue de la Place-d’Armes mais de sévères restrictions sont imposées. Le local où se tiendront les rencontres ne doit en effet pas occuper le rez-de-chaussée et le bâtiment lui-même ne saurait présenter aucun détail d’architecture qui puisse faire soupçonner que des cultes y sont célébrés…

Cette Eglise va cependant grandir et gagner en importance. Elle sera conduite au fil des ans par plusieurs pasteurs de renom. Elle connaîtra aussi des périodes difficiles, voire tumultueuses à la suite de l’influence du darbysme, de l’arrivée de l’Armée du Salut, pour ne citer que ces exemples.

Dans les années 1945 et suivantes, le bâtiment de la Place-d’Armes va échapper aux membres de la communauté. Par le jeu du passage par héritage des actions détenues au départ par les membres fondateurs, ce lieu de culte va être repris par une entreprise. En attendant de construire l’actuelle Chapelle de la Rochette, terminée en 1948, la communauté se réunira à la Chapelle des Terreaux.

Eglise de la Rochette Dessin de Renée LoebL’Eglise, depuis qu’elle est installée dans ces nouveaux locaux, a connu une longue période de stabilité et même de croissance. Récemment, elle a pu acquérir un immeuble adjacent qui a été nommé L’Agardouse à l’usage de différents groupes de jeunes et pour des activités annexes.

L’Eglise de la Rochette a toujours été connue pour l’intérêt qu’elle porte au travail missionnaire au près comme au loin en soutenant l’engagement et l’envoi de plusieurs de ses membres dans le cadre de l’Union Missionnaire pour des séjours de plus ou moins longue durée. De nombreux jeunes s’engagent aussi dans des actions durant les vacances d’été.

texte de Werner Schulthess